spider-man bleu collection marvel hachetteAu début des années 2000, le scénariste Jeph Loeb et le dessinateur Tim Sale revisitent les débuts de plusieurs héros Marvel, en utilisant un thème de couleur dominante. Ainsi naîtront Hulk : Gris, Daredevil : Jaune et Spider-Man : Bleu qui vient d’être ré-édité dans la collection Marvel chez Hachette.

Ce récit complet est une mini-série en 6 épisodes qui revient sur le début de la relation entre Peter Parker et Gwen Stacy. Un amour à la conclusion dramatique qui a marqué tous les fans de comics, (enfin, les plus vieux, comme votre serviteur) qui ont suivi cette période dans les pages du mensuel Strange. Jusqu’à la mort de Gwen Stacy, tuée lors d’un combat entre Spidey et le Bouffon Vert (une scène qui a inspiré celle du film The Amazing Spider-Man 2).

Le récit se veut intimiste, il se déroule sous la forme d’un enregistrement que fait Peter sur cassette audio un soir de Saint-Valentin, alors qu’il a le blues – d’où le titre de l’histoire (les titres V.O. des épisodes sont d’ailleurs des noms de chansons de blues, mais malheureusement toute référence a été effacée de la version V.F.). Il laisse ainsi des messages posthumes à Gwen, tandis qu’il se rappelle cette période lointaine où il fit sa connaissance. Une évolution dans le comic-book, où il passa alors de rat de laboratoire à journaliste dynamique (il y perdit au passage ses lunettes), et où les filles commencèrent à s’intéresser à lui. Il fit même l’objet d’une petite rivalité entre Gwen et Mary-Jane Watson (le veinard !) au grand dam de ses copains – ou pas – Flash Thompson et Harry Osborn. Des récits qui ont duré de 1965 à 1973 en V.O. (avec un décalage en France puisque Gwen mourut dans Strange #104 en 1978). On retrouve ici également des adversaires mythiques comme le Rhino, le Vautour ou encore le Lézard.

spider*man blue tim sale

Une histoire assez émouvante signée Jeph Loeb, surtout parce qu’on sait hélas comment elle va se finir, et qui permet de retrouver cette belle Gwen Stacy disparue des comics, à part ponctuellement lors de la résurgence d’un de ses clones (sic), dans les pages du défunt magazine Spider-Man Classic ou des Intégrales chez Panini Comics. Une époque plus simple et plus directe aussi dans les comics, loin du côté sombre et des intrigues glauques que l’on y trouve souvent maintenant. Mais après tout, ils sont le reflet de l’époque où ils paraissent. A noter au passage que la mort de Gwen est considérée comme un des éléments marquants de la fin du Silver Age des comics, et que la nostalgie qui y est liée subsiste encore de nos jours…

Aux crayons, le très doué Tim Sale, que j’ai apprécié sur Batman (Un Long Halloween, Amère Victoire) reprend parfois des codes ou des poses de John Romita (le père, bien plus agréable à regarder que son fils qui sévit actuellement chez Marvel ou DC), de Steve Ditko, ou encore Gil Kane qui a dessiné le numéro fatal à Gwen. Un mélange parfois étrange entre son style si particulier et la nostalgie des dessins de ses prédécesseurs.

Reflet d’une époque, mélancolique ode à Gwen Stacy et aux débuts de Spidey, Spider-Man : Blue pourra éclairer les amateurs plus récents quant à ce personnage emblématique, qui reste encore bien présent dans le coeur de Peter Parker et dans celui de tous les « vieux » lecteurs de Spidey, tant d’années après sa disparition.

On appréciera également les nombreuses pages de rédactionnels et de bonus figurant en fin de volume dans cette édition soignée.

A lire aussi l’avis de Ginie sur Bulles & Onomatopées

Commander Spider-Man: Blue (V.O.) – Spider-man : Bleu (V.F.)

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