affiche du film Man of Steel

Je ne suis pas le plus grand fan de Superman, je l’ai déjà écrit ici, même si j’ai beaucoup lu de récits à son sujet ces derniers mois (il faut dire que l’approche du film a incité Urban Comics à capitaliser sur le personnage, ce qui est logique). Comme j’essaie de voir la plupart des films de super-héros, et que j’y suis plutôt bon public, je ne pouvais pas faire autrement que d’aller voir Man of Steel. Et malgré de nombreux défauts, j’y ai passé un bon moment.

Le début du film, sur Krypton, est peut être un peu long, mais qui détaille bien la situation passée, et surtout les motivations de Zod. Dommage que pour renforcer les scènes d’action, elles soient filmées avec une caméra épileptique. Un processus qui m’agace prodigieusement (on l’utilise souvent dans les séries TV de SF un peu fauchées). Russel Crowe, impeccable, est omniprésent, et même sa mort ne l’empêchera pas de réapparaître plus tard dans le film !

On peut clairement distinguer trois parties dans le film, la seconde étant plus calme, plus posée, et s’intéressant à Clark Kent, à la fois à l’époque actuelle (où il cherche un sens à sa vie via de petits boulots temporaires) et par des flashbacks qui racontent son enfance. Ceux-ci sont à mon avis les moments les plus réussis du film, avec un sentiment de nostalgie qui s’en dégage, renforcé par la prestation de Kevin Costner, toute en nuances, qui ne cherche pas à influencer son fils, mais le prévient quand même qu’il aura des choix difficiles à faire. Bon, ok, on voit arriver sa mort 10 minutes à l’avance, et elle n’est pas très vraisemblable, mais ça passe encore.

Kevin Costner acteur man of steel

Henry Cavill, dans le rôle-titre, s’en sort plutôt bien. Le fadasse Brandon Routh qui l’a précédé dans le slip rouge costume n’était pas aussi convaincant. Je lui ai même trouvé par moment des airs de Tom Welling de la série Smallville. C’est sans doute dans cette partie que l’influence du comic book Terre-Un se fait le plus ressentir, jusqu’à la menace diffusée par Zod et son équipe (via flux RSS ? WTF !).

superman man of steel film

Vient ensuite le temps de l’action à tout va, la partie la plus spectaculaire, même si elle est trop longue, mais aussi celle où le niveau du scénario plonge en piqué. Superman/Clark démonte du méchant, en laissant sa mère aux sbires de Zod, sans se soucier des conséquences. De même, il n’est pas pressé d’épargner les civils dans les combats urbains, ni de les secourir lorsque les bagarres ont cessé. Au passage, les personnages du Daily Planet, toujours aux premières loges des désastres, s’en tirent – forcément – miraculeusement.

Car hélas, malgré de bons moments, il reste des détails agaçants qui font de Man of Steel un bon film, mais pas un chef d’oeuvre du film de super héros – statut qu’il rate de peu. La faute à des bourdes mémorables du scénario et des dialogues. Je citerai en vrac une allusion christique (ce grand benêt a attendu 33 ans avant de décider quoi faire de ses pouvoirs ?), l’identité secrète, un peu trop facilement dévoilée (admettons que ce soit un choix narratif d’associer Lois Lane – Amy Adams, un peu décevante – au secret de Clark Kent, mais de là à découvrir son secret en 5 minutes…), un dilemme moral un peu artificiel, des héros-soldats récurrents qui ont toutes les autorisations, comme Lois Lane qui est toujours au coeur des combats, et savent tout faire, un patriotisme diffus, et pro-US assumé (qui font sombrer les dernières répliques entre Superman et les soldats à la fin du film dans une mièvrerie un peu lourdaude), Zod, bien moins charismatique et bien plus bavard que la glaçante Faora

henry cavill amy adams

Pour autant, et malgré toutes ces réserves, Man of Steel reste un très bon moment, un beau film avec des effets spéciaux très réussis et impressionnants, de vrais morceaux de bravoure. Comment en douter de la part de Zack Snyder, d’ailleurs ? Et il éclipse sans souci son prédécesseur (je ne prononcerai pas sur la trilogie classique avec Christopher Reeves, je ne les ai pas vus depuis longtemps et la nostalgie obscurcit le jugement^^). Je regrette simplement quelques maladresses qui auraient pu le hisser parmi mon panthéon personnel.

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