Batman the Killing Joke

Événement exceptionnel aujourd’hui sur le blog avec un invité, Pierrick Messien, étudiant et écrivain ! Il anime un blog dédié à l’écriture, au numérique et à l’auto-édition, le Souffle numérique, et est l’auteur d’un recueil de nouvelles, Réalités Virtuelles. Pour son premier comic de super-héros, il a choisi un grand classique de Batman !

Batman : The Killing Joke, écrit par Alan Moore et dessiné par Brian Bolland, est considéré comme un classique dans le très riche univers de l’homme chauve-souris.  Il faut dire que ce « one shot » propose un programme riche en émotions : l’évasion du Joker hors de l’asile d’Arkham (une fois de plus !), l’agression de Barbara Gordon (qui par la suite deviendra Oracle) mais aussi et surtout les origines supposées du Joker.

Avant d’aller plus loin, je tiens à apporter une petite précision, par souci d’honnêteté ! Contrairement à Xapur, je suis loin d’avoir une culture « Comics » très développée. Pour tout dire, « The Killing Joke » est le tout premier comics qu’il m’ait été donné de lire, malgré ma fascination pour le héros Batman. Si j’ai fait ce choix de lecture, c’est parce que ce comics est considéré par tous comme très bon, et qu’il me permettait d’entrer dans l’univers Batman sans avoir à entamer une longue série, puisque ce livre se suffit à lui-même. Je compte donc sur mon hôte Xapur pour corriger toutes les petites bêtises que je pourrais lancer par manque de connaissances !

LE Joker dans The Killing Joke

Commençons par parler de Batman ! S’il est présent dans cet opus, ce qui paraît logique, il est loin d’être le personnage principal du comics. En effet, l’attention sera ici concentrée sur le Joker. Nous le verrons tisser un piège contre son ennemi juré, mais nous en apprendrons également un peu plus sur l’existence de ce super-vilain hors du commun, grâce à des passages de flashback qui reviennent sur sa vie passée.

Plus jeune, je n’appréciais pas particulièrement le personnage du Joker, qui me paraissait fade par rapport à d’autres ennemis plus charismatiques, comme Double-Face. Il m’aura fallu deux films (Batman de Tim Burton, et The Dark Knight de Christopher Nolan) et deux jeux vidéos (Arkham Asylum et Arkham City) pour commencer à comprendre la richesse de ce personnage à la fois sadique et blagueur.

Pour le coup, The Killing Joke m’a paru être le comics parfait pour comprendre qui était le Joker. L’auteur exploite ce personnage à merveille, entre ses blagues potaches, son sadisme évident et son obsession pour Batman. La relation qui lie les deux personnages est d’ailleurs parfaitement mise en scène, dès les premières pages. On y retrouve le héros masqué, qui réalise que la seule issue possible entre lui est le clown est la mort de l’un d’entre eux.  Pour un héros qui se refuse à tuer ses ennemis, on comprend la difficulté de cette relation !

Autre « classique » du comportement du Joker qui est ici exploité : sa volonté de prouver à Batman qu’il ne vaut pas mieux que lui. Plus que tout autre, le Joker a compris que Batman n’est pas si différent des criminels détraqués qu’il chasse jour et nuit, et que l’existence même du héros a permis à ses pires ennemis d’exister. Cette notion est selon moi l’une des plus intéressantes de l’univers de Batman, ce qui rend sa relation avec le Joker si captivante…

Alan Moore The Killing Joke

Les fans du terrible clown seront également heureux d’en apprendre plus sur ses origines, et de le voir en artiste de music-hall raté, avant sa transformation en génie du mal. Mais la richesse du personnage -le seul détenu d’Arkham dont personne ne connaît le véritable nom- veut que rien ne soit vraiment certain à son propos. C’est ainsi qu’il avoue lui-même que ses propres souvenirs sont imagés, et qu’il nous est impossible d’être sûr de leur véracité.

Pour conclure, j’ai particulièrement apprécié The Killing Joke, que ce soit pour les dessins ou le scénario. J’ai notamment aimé les petits détails implantés par le dessinateur, notamment dans les scènes de Flashback. Le bar dans lequel le futur Joker discute avec des criminels est ainsi riche de « figurants » qui vomissent ou pleurent sur leur table, parfaite incarnation du climat souillé de Gotham City.

Je reprocherais simplement à ce comics d’être un peu rapide, notamment dans le dénouement. On sent que l’intérêt principal est dans l’exploration du Joker et dans les différents flashbacks, plutôt que dans l’intrigue, finalement assez vite expédiée ! Mais ce texte étant un « one-shot » de 46 pages, cela aurait été bête de ma part d’attendre une histoire plus complète !

N.B : J’ai lu la « Deluxe édition » de ce texte, recolorisée par Brian Bolland et en version originale (les images présentées sont issues de cette version).

Je remercie Pierrick pour cet article passionnant, si j’ai pu contribuer à le faire lire et apprécier les comics par ce modeste blog, j’en suis flatté ! Personnellement, j’avais feuilleté The Killing Joke mais je ne l’avais pas acheté chez l’éditeur Panini. Le tirage est maintenant épuisé, il faut soit l’acheter en occasion à prix d’or, soit en V.O., j’attends sa réédition chez Urban Comics, avec encore plus d’impatience à la lecture de cet avis🙂

Notes additionnelles:

Barbara Gordon, la fille du commissaire, allait suite à cette histoire se retrouver handicapée. Sous le surnom d’Oracle, elle a participé ensuite à de nombreuses aventures, de Batman ou de l’équipe des Birds of Prey. On la retrouve aussi aux prises avec son frère psychotique dans « Sombre Reflet » (lire les avis : tome 1 – tome 2). Depuis « la Renaissance » DC, elle a retrouvé l’usage de ses jambes et a repris le costume de Batgirl (à lire tous les mois en kiosque dans le mensuel « DC Saga »).

Autres ouvrages d’Alan Moore chroniqués : Watchmen – Top Ten (lire les avis : tome 1 – tome 2 – tome 3)